
Distribution des films tchĂšques et slovaques en France
Distribution des films tchĂšques et slovaques en France
Le rĂ©alisateur slovĂšne Olmo Omerzu compte parmi les figures marquantes du cinĂ©ma europĂ©en contemporain. Dans ses films, il revient sans cesse sur les thĂšmes de la famille, de lâadolescence et des tensions cachĂ©es qui façonnent les relations humaines.
Son dernier film, distribué en France par Epicentre Films, explore le thÚme de la « famille divisée » non seulement sur le plan émotionnel, mais aussi sur le plan linguistique.
Pour Klåra, le nouveau film du réalisateur Olmo Omerzu.
Câest un cinĂ©aste que nous suivons depuis plusieurs annĂ©es, et dont le travail occupe aujourdâhui une place trĂšs singuliĂšre dans le paysage du cinĂ©ma dâEurope centrale. Son nouveau film a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en compĂ©tition officielle au San Sebastian International Film Festival, oĂč il concourait pour le Golden Shell, lâun des prix les plus prestigieux du festival.
Olmo Omerzu est nĂ© Ă Ljubljana, en SlovĂ©nie, mais il appartient en grande partie au cinĂ©ma tchĂšque. Il a Ă©tudiĂ© Ă la cĂ©lĂšbre Ă©cole de cinĂ©ma FAMU Ă Prague, qui a formĂ© plusieurs gĂ©nĂ©rations de cinĂ©astes dâEurope centrale et oĂč sont passĂ©s notamment des auteurs de la Nouvelle Vague tchĂ©coslovaque.
Son premier long mĂ©trage, A Night Too Young, Ă©tait Ă lâorigine son film de fin dâĂ©tudes. Il a Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ© au Berlin International Film Festival, dans la section Forum, ce qui est dĂ©jĂ une reconnaissance importante pour un premier film.
Ce film racontait lâhistoire de deux adolescents confrontĂ©s pour la premiĂšre fois au monde des adultes. On y trouvait dĂ©jĂ plusieurs thĂšmes qui traversent toute lâĆuvre dâOmerzu : la fragilitĂ© de lâadolescence, la confusion morale, les jeux de pouvoir dans les relations humaines.
Son deuxiĂšme film, Family Film, a confirmĂ© son talent et attirĂ© lâattention de nombreux festivals internationaux, notamment San Sebastian International Film Festival et plusieurs autres rendez-vous du cinĂ©ma europĂ©en.
Câest un film qui explore la crise dâune famille bourgeoise lorsque les parents partent en vacances en laissant leurs enfants seuls Ă la maison. Une situation apparemment banale qui va progressivement rĂ©vĂ©ler les tensions profondes et les fragilitĂ©s des relations familiales.
Ce qui est particuliĂšrement intĂ©ressant dans ce film, câest la maniĂšre dont Omerzu observe les comportements humains avec une certaine distance, presque clinique. Il filme les personnages comme sâil Ă©tudiait un Ă©cosystĂšme familial : chacun agit, ment, se protĂšge, se transforme, et lâĂ©quilibre fragile de la famille se dĂ©rĂšgle peu Ă peu.
Quelques années plus tard, il réalise Winter Flies, qui sera présenté au Karlovy Vary International Film Festival et qui y remportera le prix de la mise en scÚne.
Ce film est un road-movie adolescent plein dâĂ©nergie et de libertĂ©, qui suit deux garçons en fuite Ă travers les paysages de lâEurope centrale. Il a ensuite reçu plusieurs Czech Lion Awards, ce qui confirme la place dâOmerzu parmi les rĂ©alisateurs les plus intĂ©ressants de sa gĂ©nĂ©ration.
En 2021, il prĂ©sente Bird Atlas, un film plus sombre, presque satirique, qui sâintĂ©resse cette fois au monde de lâentreprise et aux relations de pouvoir dans la sphĂšre Ă©conomique. LĂ encore, il utilise un cadre trĂšs prĂ©cis pour explorer les mĂ©canismes humains : la manipulation, lâambition, les illusions que les personnages se racontent pour survivre.
Ce qui relie tous ces films, câest la maniĂšre dont Olmo Omerzu observe les relations humaines. Son cinĂ©ma parle souvent de familles, de groupes, de micro-sociĂ©tĂ©s. Il sâintĂ©resse Ă ce qui se passe derriĂšre les apparences : les non-dits, les petites manipulations quotidiennes, les mensonges que lâon raconte aux autres mais aussi Ă soi-mĂȘme.
Dans Pour KlĂĄra, Omerzu raconte lâhistoire dâune famille brisĂ©e : un pĂšre rĂ©cemment sĂ©parĂ© part en vacances avec ses deux enfants. Au dĂ©but, tout semble presque idyllique. Le pĂšre envoie des photos Ă son ex-femme pour lui montrer combien tout va bien, combien les enfants sont heureux.
Mais trÚs vite, on comprend que cette image de bonheur est en partie fabriquée.
Le rĂ©alisateur explique lui-mĂȘme que le moteur dramatique du film repose sur de petits mensonges, apparemment insignifiants. Ces mensonges sont dâabord anodins â des « mensonges blancs » que lâon utilise pour Ă©viter les conflits ou pour rassurer les autres. Mais progressivement, ces mensonges deviennent plus lourds, plus sombres, et la situation glisse vers un jeu de manipulation oĂč chacun tente de protĂ©ger ou de sauver lâautre.
Au centre du film se trouve la relation entre les parents et leur fille adolescente KlĂĄra, qui souffre de troubles alimentaires. Les parents sont prĂȘts Ă tout pour la protĂ©ger, mais la question que pose le film est justement celle-ci : jusquâoĂč peut-on aller pour sauver quelquâun quâon aime ?
Câest un film qui met les personnages face Ă des dilemmes moraux trĂšs complexes. Le rĂ©alisateur lui-mĂȘme explique quâil ne cherche pas Ă juger ses personnages. Il ne dit pas sâils ont raison ou tort. Ce qui lâintĂ©resse, câest le moment oĂč les personnages prennent une dĂ©cision parce quâils ne savent plus ce qui est juste.
Le film joue aussi sur un mĂ©lange trĂšs particulier de tonalitĂ©s. Il y a des moments dramatiques, mais aussi une forme dâironie, parfois mĂȘme un humour un peu inconfortable. Omerzu dit souvent que le rire et le malaise sont trĂšs proches : parfois on rit simplement parce quâune situation devient trop Ă©trange ou trop dĂ©rangeante.
Un autre élément intéressant du film est son caractÚre profondément européen. La production réunit des partenaires de plusieurs pays : la République tchÚque, la Slovénie, la Pologne, la Slovaquie, la Croatie et la France.
Pour Omerzu, cette dimension internationale nâest pas seulement une question de financement : elle reflĂšte aussi la rĂ©alitĂ© dâun cinĂ©ma europĂ©en contemporain, oĂč les histoires, les langues et les cultures se croisent.
Dans ce film, la famille elle-mĂȘme est bilingue, ce qui crĂ©e une distance supplĂ©mentaire entre les personnages. Ils vivent ensemble mais parlent parfois des langues diffĂ©rentes, ce qui renforce ce sentiment dâĂ©trangetĂ© au sein mĂȘme de la famille.
Au fond, Pour KlĂĄra est un film sur les relations familiales, mais aussi sur la difficultĂ© de vraiment connaĂźtre les autres, mĂȘme ceux qui nous sont les plus proches.
Les parents pensent connaĂźtre leurs enfants. Les enfants pensent comprendre leurs parents. Mais le film nous rappelle que cette connaissance reste toujours partielle, fragile, et parfois illusoire.
Câest un cinĂ©ma trĂšs subtil, souvent dĂ©rangeant, mais profondĂ©ment humain, qui nous oblige Ă regarder les situations sous plusieurs angles.
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đŹÂ Entretien avec le rĂ©alisateur Olmo Omerzu pour le Festival Czech-In
Entretien réalisé par Marketa Hodouskova
Ă lâoccasion de la sortie de son nouveau film en France, nous avons rencontrĂ© le rĂ©alisateur Olmo Omerzu, lâune des voix les plus marquantes du cinĂ©ma dâEurope centrale contemporain. Nous avons parlĂ© du multilinguisme, des relations familiales, des coproductions et des raisons pour lesquelles la France est pour lui un espace cinĂ©matographique si important.
Le thĂšme du multilinguisme est trĂšs prĂ©sent dans votre film â les parents parlent une autre langue que les enfants. Quâest-ce qui vous a inspirĂ© cela ?
Olmo Omerzu :
Je nâai pas moi-mĂȘme vĂ©cu cette expĂ©rience personnelle, mais pour les personnes qui la vivent, câest tout Ă fait authentique. JâĂ©tais fascinĂ© par lâidĂ©e dâune famille « brisĂ©e » non seulement sur le plan relationnel, mais aussi sur le plan linguistique.
Je connais beaucoup de gens qui vivent entre plusieurs langues et cultures, mais leurs histoires apparaissent rarement au cinĂ©ma. Je mâintĂ©resse Ă la maniĂšre dont la langue influence les relations â comment elle peut rapprocher les gens, mais aussi les sĂ©parer. Et surtout comment elle façonne lâidentitĂ©, ce qui est encore plus sensible chez les enfants.
Jâai effectuĂ© diverses recherches pour voir sâil existait des rĂšgles prĂ©cisant quand les enfants utilisent la langue de leur mĂšre et quand celle de leur pĂšre. Il sâest avĂ©rĂ© que câĂ©tait trĂšs intuitif. Les enfants adoptent la langue de leur environnement â lâĂ©cole, leurs camarades.
Ce qui mâa intĂ©ressĂ©, câest que chaque membre de la famille est en fait enfermĂ© dans sa propre langue. La langue devient alors un outil de proximitĂ©, mais aussi de manipulation. Par exemple, quand le pĂšre parle tchĂšque, il essaie de se rapprocher des enfants â tandis que lâanglais crĂ©e une distance.
Et en mĂȘme temps, câest un sujet trĂšs actuel aujourdâhui â beaucoup de gens vivent dans des communautĂ©s dâexpatriĂ©s, mais cela apparaĂźt assez peu au cinĂ©ma.
Le film est nĂ© dâune coproduction internationale. Ă quel point a-t-il Ă©tĂ© difficile de la mettre sur pied, notamment avec la France ?
Olmo Omerzu :
En Europe, la coproduction est aujourdâhui pratiquement le seul moyen de financer des films dâauteur. Mais je nây pense pas dĂšs lâĂ©criture â le scĂ©nario vient dâabord, puis on cherche des partenaires.
Je travaille souvent avec les mĂȘmes personnes, ce qui permet de crĂ©er des relations durables. Câest important pour moi.
Le systĂšme français est extrĂȘmement sĂ©lectif. Nous nâavons obtenu le soutien quâau moment oĂč la premiĂšre version du film existait. CâĂ©tait une pĂ©riode assez dĂ©licate, mais en mĂȘme temps une grande confirmation que le film fonctionnait.
Le seul inconvĂ©nient des coproductions, câest le temps : tout prend plus de temps quâon ne le souhaiterait.
Comment sâest dĂ©roulĂ© le casting, notamment pour les rĂŽles principaux dâenfants et la distribution internationale ?
Olmo Omerzu :
Le casting sâest fait assez naturellement. Jâai par exemple rencontrĂ© lâacteur irlandais Barry Ward au festival de Karlovy Vary, oĂč nous Ă©tions tous deux membres du jury. Il avait vu mes films, jâavais vu son travail â et la collaboration sâest faite assez spontanĂ©ment.
Barbora BobulovĂĄ travaille depuis longtemps en Italie et jâai toujours admirĂ© sa carriĂšre. JâĂ©tais ravi que le scĂ©nario lâait intĂ©ressĂ©e. Timon Ć turbej joue Ă©galement un rĂŽle important.
Le travail avec les jeunes acteurs â Dexter Franc et AntonĂn Chmela â a Ă©tĂ© trĂšs important. Nous avons travaillĂ© plusieurs semaines uniquement avec eux, avant mĂȘme quâils ne rencontrent les autres acteurs. Notre objectif Ă©tait de crĂ©er un environnement sĂ©curisant et de ne pas les mettre tout de suite en contact avec les « stars ».
En mĂȘme temps, il Ă©tait essentiel pour nous que le personnage de KlĂĄra ne soit pas incarnĂ© par quelquâun ayant une expĂ©rience rĂ©elle de lâanorexie â nous ne voulions pas que le tournage laisse des sĂ©quelles. EliĆĄka KĆenkovĂĄ, qui a jouĂ© le rĂŽle de coach dâacteurs, nous a Ă©tĂ© dâun grand soutien pendant la prĂ©paration.
En tant que SlovĂšne dâorigine, vous sentez-vous appartenir Ă la tradition de la « Ă©cole de Prague » des rĂ©alisateurs yougoslaves issus de la FAMU ?
Olmo Omerzu :
HonnĂȘtement, plutĂŽt non. Ces vagues historiques â la nouvelle vague yougoslave ou tchĂšque â sont des pĂ©riodes trĂšs spĂ©cifiques. Aujourdâhui, il nây a plus dâesthĂ©tique unifiĂ©e ni de courant commun.
Bien sĂ»r, jâai un grand respect pour des auteurs comme Rajko GrliÄ, Emir Kusturica, Goran PaskaljeviÄ ou SrÄan KaranoviÄ, qui ont Ă©tudiĂ© Ă la FAMU.
Mais pour moi, câest plutĂŽt la nouvelle vague tchĂ©coslovaque qui a Ă©tĂ© dĂ©terminante â par exemple VÄra ChytilovĂĄ ou Jan NÄmec. Câest aussi grĂące Ă eux que jâai dĂ©cidĂ© dâaller Ă©tudier Ă Prague.
La gĂ©nĂ©ration dâaujourdâhui fonctionne diffĂ©remment â ce sont plutĂŽt des voix individuelles, trĂšs personnelles.
Quels réalisateurs vous ont le plus inspiré ?
Olmo Omerzu :
Jâai surtout grandi avec les rĂ©alisateurs français. Maurice Pialat, Arnaud Desplechin ou Jean Eustache ont Ă©tĂ© dĂ©terminants pour moi.
Je me sens Ă©galement proche de Terence Davies et John Cassavetes est une grande source dâinspiration pour moi.
Ce qui me fascine chez ces auteurs, câest leur travail sur lâintimitĂ©, les Ă©motions et les personnages dans leur quotidien. Ce sont des films qui semblent trĂšs personnels, parfois mĂȘme bruts, mais qui restent en mĂȘme temps profondĂ©ment humains.
Que représente pour vous la distribution française ?
Olmo Omerzu :
Le film a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© en avant-premiĂšre Ă Saint-SĂ©bastien, mais sa distribution ne commence en rĂ©alitĂ© que maintenant. Il sort Ă©galement en salles en RĂ©publique tchĂšque en mĂȘme temps, nous nâavons donc pas encore beaucoup de rĂ©actions â nous sommes impatients de les dĂ©couvrir.
La France est tout Ă fait exceptionnelle dans le paysage cinĂ©matographique europĂ©en. Elle possĂšde une forte tradition de cinĂ©ma dâauteur, un rĂ©seau dense de salles de cinĂ©ma et un public habituĂ© Ă ce type de films.
Pour un rĂ©alisateur, câest extrĂȘmement prĂ©cieux de pouvoir dialoguer avec le public â et en France, ce dialogue existe vraiment.
Comment percevez-vous les réactions du public et de la critique ?
Olmo Omerzu :
Pour moi, câest une forme dâautorĂ©flexion. Il ne sâagit pas tant de savoir si le film plaĂźt ou non, mais de la maniĂšre dont les gens lâinterprĂštent.
Chaque pays apporte un regard diffĂ©rent. Et Ă partir de ces rĂ©actions, je me construis peu Ă peu une image qui mâaide Ă rĂ©flĂ©chir Ă mes prochains films.
Vos films se concentrent souvent sur lâadolescence et les relations familiales. Pourquoi ce thĂšme en particulier â et comment le motif de la manipulation sây inscrit-il ?
Olmo Omerzu :
La famille est pour moi le « laboratoire » le plus intĂ©ressant. Câest le lieu oĂč les gens sont le plus proches les uns des autres â et oĂč, en mĂȘme temps, les tensions, les non-dits et les diffĂ©rents schĂ©mas de comportement se manifestent le plus.
Je mâintĂ©resse aussi Ă la relation entre libertĂ© et angoisse. La libertĂ© nâest pas seulement positive, elle peut aussi ĂȘtre fragile et inquiĂ©tante.
La manipulation est un thĂšme que lâon voit partout aujourdâhui â mais je me suis intĂ©ressĂ© Ă la façon dont elle fonctionne Ă petite Ă©chelle. Comment, Ă partir de petites situations quotidiennes, quelque chose de bien plus fondamental peut progressivement Ă©merger.
La famille est en ce sens un microcosme â elle permet de reflĂ©ter lâimage de la sociĂ©tĂ© dans son ensemble.
đŹ Rozhovor s reĆŸisĂ©rem Olmo Omerzu
pĆipravila MarkĂ©ta HodouĆĄkovĂĄ
U pĆĂleĆŸitosti uvedenĂ jeho novĂ©ho filmu ve Francii jsme se setkali s reĆŸisĂ©rem Olmem Omerzu, jednĂm z nejvĂœraznÄjĆĄĂch hlasĆŻ souÄasnĂ© stĆedoevropskĂ© kinematografie. Mluvili jsme o vĂcejazyÄnosti, rodinnĂœch vztazĂch, koprodukcĂch i o tom, proÄ je pro nÄj Francie tak dĆŻleĆŸitĂœm filmovĂœm prostorem.
Jak vznikl nĂĄpad na vĂcejazyÄnĂ© prostĆedĂ ve filmu? Co vĂĄs inspirovalo k prĂĄci s rĆŻznĂœmi jazyky v rĂĄmci jednĂ© rodiny?
Olmo Omerzu : DlouhodobÄ mÄ fascinovala pĆedstava rodiny, kterĂĄ je ârozbitĂĄâ nejen vztahovÄ, ale i jazykovÄ. ZaÄal jsem si dÄlat reĆĄerĆĄe â zajĂmalo mÄ, jestli existujĂ nÄjakĂĄ pravidla, kdy dÄti pouĆŸĂvajĂ jazyk matky a kdy jazyk otce.
Nakonec jsem zjistil, ĆŸe je to mnohem intuitivnÄjĆĄĂ. DÄti si jazyk vybĂrajĂ podle prostĆedĂ, ve kterĂ©m ĆŸijĂ â podle ĆĄkoly, vrstevnĂkĆŻ. A v urÄitĂ©m vÄku majĂ prĂĄvÄ vrstevnĂci Äasto vÄtĆĄĂ vliv neĆŸ rodiÄe.
Ve filmu tak kaĆŸdĂœ Älen rodiny zĆŻstĂĄvĂĄ trochu uzavĆenĂœ ve svĂ©m vlastnĂm jazyce. Jazyk se zĂĄroveĆ stĂĄvĂĄ nĂĄstrojem blĂzkosti i manipulace. KdyĆŸ napĆĂklad postava pouĆŸije ÄeĆĄtinu, mĆŻĆŸe tĂm vytvoĆit vÄtĆĄĂ intimitu, zatĂmco angliÄtina najednou pĆŻsobĂ jako urÄitĂœ odstup.
VaĆĄe filmy Äasto pracujĂ s tĂ©matem expatĆŻ a ârozdÄlenĂœchâ rodin. ProÄ vĂĄs toto tĂ©ma pĆitahuje?
Olmo Omerzu : MĂĄm pocit, ĆŸe je to tĂ©ma, kterĂ© je dnes vĆĄude kolem nĂĄs, ale ve filmech se objevuje pĆekvapivÄ mĂĄlo. ZnĂĄm hodnÄ lidĂ, kteĆĂ ĆŸijĂ mezi jazyky a kulturami, ale jejich pĆĂbÄhy se na plĂĄtnÄ tolik nevyprĂĄvÄjĂ.
ZajĂmĂĄ mÄ, jak jazyk ovlivĆuje vztahy â jak mĆŻĆŸe lidi spojovat, ale zĂĄroveĆ je i oddÄlovat. A hlavnÄ jak formuje identitu, coĆŸ je u dÄtĂ jeĆĄtÄ mnohem citlivÄjĆĄĂ.
Film vznikl v mezinĂĄrodnĂ koprodukci. Jak nĂĄroÄnĂ© bylo ji dĂĄt dohromady, zejmĂ©na s FranciĂ?
Olmo Omerzu : Dnes je koprodukce v EvropÄ v podstatÄ nutnost. Bez nĂ by vÄtĆĄina autorskĂœch filmĆŻ vĆŻbec nevznikla. Ale jĂĄ ji nevnĂmĂĄm jen jako finanÄnĂ model â spĂĆĄ jako pĆirozenĂœ zpĆŻsob prĂĄce.
ScĂ©nĂĄĆ vĆŸdy vznikĂĄ nezĂĄvisle a aĆŸ potom se hledajĂ partneĆi. JĂĄ mĂĄm navĂc ĆĄtÄstĂ, ĆŸe pracuji s lidmi, se kterĂœmi se potkĂĄvĂĄm opakovanÄ, takĆŸe vznikajĂ dlouhodobĂ© vztahy.
Co se tĂœÄe Francie, tamnĂ fondy jsou extrĂ©mnÄ selektivnĂ. My jsme podporu zĂskali aĆŸ ve chvĂli, kdy jsme poslali prvnĂ verzi filmu ze stĆiĆŸny. Bylo to docela citlivĂ© obdobĂ, ale zĂĄroveĆ to pro nĂĄs bylo velkĂ© potvrzenĂ, ĆŸe film funguje.
JedinĂĄ nevĂœhoda koprodukcĂ je Äas â ÄlovÄk musĂ Äekat na rozhodnutĂ rĆŻznĂœch institucĂ a to mĆŻĆŸe celĂœ proces dost zpomalit.
Jak probĂhal casting, zejmĂ©na u hlavnĂch dÄtskĂœch rolĂ a mezinĂĄrodnĂho obsazenĂ?
Casting vznikal dost pĆirozenÄ. NapĆĂklad irskĂ©ho herce Barry Ward jsem poznal na festivalu v KarlovĂœch Varech, kde jsme byli oba v porotÄ. VidÄl moje filmy, jĂĄ jeho prĂĄci â a spoluprĂĄce z toho vyplynula celkem spontĂĄnnÄ.
Barbora BobulovĂĄ je Slovenka, kterĂĄ dlouhodobÄ pĆŻsobĂ v ItĂĄlii, a jejĂ kariĂ©ru jsem vĆŸdycky obdivoval. MÄl jsem radost, ĆŸe ji scĂ©nĂĄĆ zaujal. VĂœraznou roli mĂĄ takĂ© Timon Ć turbej.
Velmi dĆŻleĆŸitĂĄ byla prĂĄce s dÄtskĂœmi herci â Dexter Franc a AntonĂn Chmela. Pracovali jsme s nimi nÄkolik tĂœdnĆŻ jeĆĄtÄ pĆedtĂm, neĆŸ se setkali s ostatnĂmi herci. Ć lo nĂĄm o to vytvoĆit pro nÄ bezpeÄnĂœ prostor.
ZĂĄroveĆ pro nĂĄs bylo zĂĄsadnĂ, aby postava KlĂĄry nebyla ztvĂĄrnÄna nÄkĂœm, kdo by mÄl reĂĄlnou zkuĆĄenost s anorexiĂ â nechtÄli jsme, aby natĂĄÄenĂ zanechalo nÄjakĂ© trauma. Velkou oporou v pĆĂpravÄ byla EliĆĄka KĆenkovĂĄ, kterĂĄ pĆŻsobila jako hereckĂĄ kouÄka.
Jako pĆŻvodem Slovinec â cĂtĂte se bĂœt souÄĂĄstĂ tradice âÄeskĂ© ĆĄkolyâ jugoslĂĄvskĂœch reĆŸisĂ©rĆŻ z FAMU?
Olmo Omerzu :  UpĆĂmnÄ ĆeÄeno, moc ne. KaĆŸdĂœ reĆŸisĂ©r je natolik individuĂĄlnĂ, ĆŸe je tÄĆŸkĂ© mluvit o nÄjakĂ© jednotnĂ© ĆĄkole. SamozĆejmÄ mĂĄm velkĂœ respekt k autorĆŻm, kteĆĂ na FAMU studovali â jako Rajko GrliÄ, Emir Kusturica, Goran PaskaljeviÄ nebo SrÄan KaranoviÄ.
Pro mÄ ale byla zĂĄsadnĂ spĂĆĄ ÄeskoslovenskĂĄ novĂĄ vlna â tĆeba VÄra ChytilovĂĄ nebo Jan NÄmec. I dĂky nim jsem se rozhodl jĂt studovat do Prahy.
DneĆĄnĂ generace uĆŸ ale nenĂ takhle sjednocenĂĄ. Jsou to spĂĆĄ jednotlivĂ© hlasy neĆŸ nÄjakĂ© spoleÄnĂ© hnutĂ.
KteĆĂ reĆŸisĂ©Ći vĂĄs nejvĂce inspirovali?
Olmo Omerzu : Vyrostl jsem hlavnÄ na francouzskĂœch reĆŸisĂ©rech. ZĂĄsadnĂ pro mÄ byli Maurice Pialat, Arnaud Desplechin nebo Jean Eustache. MĂĄm blĂzko i k Terence Davies a velkou inspiracĂ je pro mÄ John Cassavetes. Na tÄchto autorech mÄ fascinuje prĂĄce s intimitou a s postavami v jejich kaĆŸdodennosti. Jejich filmy jsou Äasto velmi osobnĂ, nÄkdy aĆŸ syrovĂ©, ale zĂĄroveĆ hluboce lidskĂ©.
VaĆĄe filmy se Äasto soustĆedĂ na dospĂvĂĄnĂ a rodinnĂ© vztahy. ProÄ prĂĄvÄ toto tĂ©ma?
Olmo Omerzu : Rodina je pro mÄ nejzajĂmavÄjĆĄĂ âlaboratoĆâ. Je to mĂsto, kde jsou si lidĂ© nejblĂĆŸ â a zĂĄroveĆ se tam nejvĂc ukazujĂ rĆŻznĂ© napÄtĂ, nevyĆÄenĂ© vÄci nebo urÄitĂ© vzorce chovĂĄnĂ. ZajĂmĂĄ mÄ i vztah mezi svobodou a ĂșzkostĂ. Svoboda nenĂ jen pozitivnĂ, mĆŻĆŸe bĂœt i kĆehkĂĄ, zneklidĆujĂcĂ. Rodina je vlastnÄ nejmenĆĄĂ jednotka spoleÄnosti â a zĂĄroveĆ prostor, kde se ten svÄt zrcadlĂ v koncentrovanĂ© podobÄ.
Ve vaĆĄich filmech se objevuje i tĂ©ma manipulace. Jak s nĂm pracujete?
Manipulace je dnes vĆĄudypĆĂtomnĂĄ â v rodinÄ, ve spoleÄnosti, v mĂ©diĂch. Ale nechtÄl jsem dÄlat pĆĂmo politickĂœ film. ZajĂmalo mÄ spĂĆĄ, jak tyto mechanismy fungujĂ v malĂ©m mÄĆĂtku. Jak z drobnĂœch lĆŸĂ nebo nedorozumÄnĂ mĆŻĆŸe postupnÄ vzniknout nÄco mnohem vÄtĆĄĂho. Rodina je v tomhle smyslu mikrosvÄt â dĂĄ se na nĂ ukĂĄzat vĆĄechno.
Film mĂĆĂ do francouzskĂ© distribuce. Co pro vĂĄs Francie znamenĂĄ?
Film mÄl premiĂ©ru na festivalu v San SebastiĂĄnu, ale jeho distribuce zaÄĂnĂĄ vlastnÄ aĆŸ teÄ. I v Äesku jde do kin souÄasnÄ, takĆŸe zatĂm nemĂĄme moc reakcĂ â jsme na nÄ zvÄdavĂ. Francie je pro mÄ naprosto klĂÄovĂĄ. Je tam silnĂĄ tradice autorskĂ©ho filmu, hustĂĄ sĂĆ„ kin a hlavnÄ publikum, kterĂ© je na tyto filmy zvyklĂ©. To je nÄco, co v mnoha jinĂœch zemĂch chybĂ. Ve Francii existuje skuteÄnĂœ dialog mezi filmem a divĂĄkem â a to je pro reĆŸisĂ©ra straĆĄnÄ dĆŻleĆŸitĂ©.
Jak vnĂmĂĄte reakce publika a kritiky?
Olmo Omerzu : Pro mÄ je to forma sebereflexe. Nejde ani tak o to, jestli se film lĂbĂ nebo ne, ale jakĂœm zpĆŻsobem ho lidĂ© Ätou. KaĆŸdĂĄ zemÄ pĆinĂĄĆĄĂ jinou perspektivu. A jĂĄ si z tÄch reakcĂ postupnÄ sklĂĄdĂĄm obraz, kterĂœ mi pomĂĄhĂĄ pĆemĂœĆĄlet o dalĆĄĂch filmech.
Na Äem pracujete dĂĄl?
Olmo Omerzu : ZajĂmavĂ© je, ĆŸe i dalĆĄĂ projekty, kterĂ© pĆipravuji, se znovu vracejĂ k rodinnĂœm vztahĆŻm. Je to tĂ©ma, kterĂ© mÄ zĆejmÄ nepĆestane zajĂmat â protoĆŸe v sobÄ obsahuje vĆĄechno: intimitu, konflikt, lĂĄsku i manipulaci.
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